Après Minneapolis, les villes d’Atlanta, de Los Angeles, de Philadelphie et de Chicago ont instauré un couvre-feu pour tenter d’empêcher les manifestations de dégénérer à nouveau, rapporte Franceinfo. A Minneapolis où tout a commencé, mais pas seulement. Plusieurs grandes villes des Etats-Unis ont été le théâtre de heurts, dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai, entre policiers et manifestants descendus dans la rue pour exprimer leur colère après la mort de George Floyd à la suite de son intepellation. A Minneapolis (Minnesota), des agents en tenue anti-émeutes ont chargé les manifestants qui ont défié le couvre-feu, les repoussant avec des fumigènes et des grenades assourdissantes d’un commissariat. “Ils ne nous donnent pas le choix, il y a tellement de colère”, expliquait Deka Jama, une femme de 24 ans, déterminée à rester sur place. Des affrontements ont également eu lieu à New York, à Philadelphie, à Los Angeles et à Atlanta, conduisant les responsables de ces deux dernières villes, ainsi que ceux de Miami et Chicago, à annoncer à leur tour un couvre-feu. Donald Trump, qui a dénoncé à plusieurs reprises la mort “tragique” de George Floyd, a estimé que les émeutiers déshonoraient sa mémoire. Le président américain a promis de “stopper la violence collective”. “Nous ne devons pas laisser un petit groupe de criminels et de vandales détruire nos villes”, a-t-il lancé en attribuant les débordements à “des groupes de l’extrême gauche radicale” et notamment “Antifa” (antifascistes). De son côté, le gouverneur du Minnesota Tim Walz a lui aussi dénoncé des éléments extérieurs à son Etat qui pourraient être, selon lui, des anarchistes mais aussi des suprémacistes blancs ou des trafiquants de drogue. Pour reprendre le contrôle de la situation, il a annoncé la mobilisation des 13 000 soldats de la Garde nationale de l’Etat, une première, et a demandé l’aide du ministère de la Défense. Des unités de la police militaire ont été mises en alerte pour pouvoir éventuellement intervenir à Minneapolis dans un délai de quatre heures, a précisé le Pentagone. La police militaire ne peut légalement intervenir sur le territoire américain qu’en cas d’insurrection. La nuit d’avant, vendredi soir, 2 500 policiers et soldats de la Garde nationale et l’imposition d’un couvre-feu n’avaient pas empêché Minneapolis de s’embraser, avec de nombreux pillages et incendies volontaires. A Minneapolis, comme ailleurs, la tension est rapidement montée. Des foules de protestataires se sont rassemblées à Dallas, Las Vegas, Seattle, Memphis... Et même à Washington sous les fenêtres du président Trump, où des gaz lacrymogènes et des incendies ont assombri l’horizon.